Les Choristes se produisent désormais en spectacle musical dans toute la France pour le plus grand bonheur de son réalisateur Christophe Barratier. Nous avons échangé avec ce dernier ainsi qu’avec le jeune brévinois Victor Le Blond qui joue l’un des personnages clés du spectacle.

Pourquoi et quand avez-vous eu ce projet de comédie musicale pour Les Choristes ?

Chistophe Barratier : C’est venu très peu de temps après la sortie du film. Gérard Louvin, le producteur que tout le monde connaît, me l’avait proposé mais son idée était de capitaliser sur la réussite du film. Ça aurait plus ressemblé à un produit dérivé qu’à une véritable re-création. Il aurait fallu ré-enfermer tout le monde pendant un moment alors que le film venait de sortir. Ce n’était pas vraiment réaliste.
En revanche, il y a 4 ans, des producteurs sont venus me reparler de cette idée. Les Choristes 2 n’était pas envisageable pour moi mais redonner vie au film à travers une comédie musicale était pertinent. J’ai fait une adaptation et cela coulait de source pour moi. Étant donné le nombre limité de personnages, on s’est plus attardé sur chacun d’entre eux comme pour l’écorché vif Mondain. Je ne voulais surtout pas projeter les images du film, il fallait retranscrire toute la magie du film sur scène. C’était tellement cohérent que j’avais parfois l’impression que le film était une adaptation de la représentation théâtrale. On fait généralement des adaptations filmiques des pièces, le contraire est plutôt rare.
On a 3 groupes de 15 enfants venant de la Maîtrise des Hauts de Seine qui se succèdent et chaque soir c’est quelque chose de différent. Les groupes sont mixtes et vont de 8 à 15 ans.

Victor Le Blond : C’est jamais la même chose d’un enfant à l’autre, les scènes évoluent.

CB : On a l’impression que les chansons se créent sous nos yeux.

Comment se sont organisées les répétitions ?

CB : Tout a été multiplié par 3 et avec les enfants nous ne pouvons pas jouer plus de 3 heures tous les deux jours. On a commencé les répétitions au début du mois de novembre avec une première date le 23 février. Les enfants sont à la fois chanteurs et acteurs.
En tout, il y a 21 personnes sur scène et une quinzaine de personnes dans l’ombre sans compter les techniciens de la salle où l’on joue.

Qu’est-ce qui a été le plus dur dans la préparation de ce spectacle ?

CB : L’organisation juridique pour faire travailler les enfants. On doit respecter un planning précis pour chaque enfant, les dossiers ont été déposés début novembre et on connaissait déjà les heures de répétition pour chacun d’entre eux jusqu’au mois de février à la demi-heure près ! Si quelqu’un nous contrôle et que ce n’est pas respecté, le spectacle prend fin.
C’était la première fois que je faisais travailler des enfants au théâtre et c’est encore plus dur qu’au cinéma. Au théâtre, nous jouons le soir donc le nombre d’heures de présence est limité ! Dès qu’ils ont terminé le spectacle, ils doivent partir dans les 10 minutes qui suivent. Les enfants doivent se déséquiper en premier. Dans le cas où le temps est dépassé, même dans les loges, cela peut être considéré comme du travail déguisé. Si un enfant travaillait le matin et souhaitait regarder la 2ème équipe l’après-midi, il ne pouvait pas.
La loi est importante, nous devons protéger les enfants. Parfois nous, les metteurs en scène, sommes un peu trop stigmatisés, nous n’exploitons pas les enfants. Si les parents s’opposent malgré l’envie de l’enfant, c’est normal. Mais parfois, ce sont les parents eux-mêmes qui forcent leurs enfants. Il n’y a pas de loi sur les castings par exemple.
Il y a 200 enfants à la Maîtrise des Hauts de Seine de tous les âges, de 7 à 15 ans environ. On n’avait pas l’embarras du choix car ce sont des demandes assez spécifiques. Mais c’était plus simple que pour le film où j’avais fait le tour de 20 chorales pour trouver Jean-Baptiste Maunier. Quand je faisais le film, les chorales d’enfants étaient jugées comme « ringardes » alors qu’elles se sont démocratisées maintenant. Le nombre d’enfants inscrits dans des chorales a été multiplié par 3 après le film, c’est une fierté tout de même. Je trouvais ça dommage que ce ne soit pas si développé que ça.

A quoi doivent s’attendre les nantais sur scène ?

CB : C’est la même distribution qu’aux Folies Bergères qui a d’ailleurs fait complet tous les soirs, il n’y a pas de différence entre la distribution à Paris ou en province. Ce sont les mêmes enfants, les mêmes groupes etc. Au Zénith, on risque de perdre un peu d’intimité et c’est ce qui sera le plus difficile à gérer. 2 personnes qui se parlent sur la scène des Folies Bergères, il n’y a pas de soucis mais dans un Zénith devant 5000 spectacteurs, il faut vraiment être captivant. Sincèrement, on va faire une adaptation pour que cela rende bien. Il y aura exactement le même soin apporté pour toutes les dates. Il faut convaincre le public chaque soir, je déteste le fait de jouer par habitude, il ne faut jamais considérer le public comme acquis. Lorsque le public remarque que l’on joue pour jouer, que l’on est suffisant, cela se constate dans les applaudissements. Les acteurs ne doivent pas baisser en intensité même si le public ne réagit pas comme le soir d’avant. On se rend compte que certaines phrases ne marchent pas et on les change le lendemain. Comme c’est mon texte, on peut le faire évoluer chaque soir sur des détails. Si l’on change 25 phrases sur une pièce, c’est énorme au final. A Paris, j’essayais d’être présent un maximum de fois et j’y prenais un réel plaisir. En province, je serai présent sur chaque date.

VLB : Parfois, il n’y a aucun applaudissement et pourtant lors du final c’est une ovation.

CB : Les enfants sont beaucoup moins stressés que les adultes, il y a cette innocence, l’erreur fait rire. C’est plus facile de remettre les enfants sur les bons rails.
Le décor est magnifique avec un plateau tournant notamment. Stéfanie Jarre est la décoratrice de la pièce.

Victor, comment en es-tu arrivé là ?

VLB : J’ai fait ma scolarité à Saint-Brévin où je faisais également du théâtre, c’est comme ça que j’ai découvert la comédie. Un jour, j’ai trouvé un casting sur le net pour La Guerre des Boutons, pas celui de Christophe Barratier (rires), j’avais 14 ans. Suite à ça, j’ai gardé contact avec la directrice de casting qui m’a recontacté pour d’autres projets et c’est vraiment comme ça que j’ai débuté. J’ai rencontré mon agent grâce à qui j’ai joué dans des séries notamment. Il m’a présenté plus tard au casting pour Les Choristes, j’ai rencontré Christophe et ça l’a fait tout de suite !

CB : C’était une évidence, on ne remarque pas les qualités et les défauts, on le sait c’est tout. Il était spontané et tout s’est bien passé, en 10 secondes j’étais convaincu.

VLB: C’est la première fois que je monte sur la scène en tant que professionnel, c’est plus impressionnant que le cinéma. C’est un travail différent, on ne doit pas se rater sur scène.

CB : Il n’aurait pas joué comme cela au cinéma, nous ne sommes pas réalistes sur un spectacle, on doit intensifier les émotions.

VLB : J’ai 20 minutes de présence sur les 2h, c’est un rôle assez important. On s’attache à Mondain sur scène, beaucoup plus qu’au cinéma.

Des projets après Les Choristes ?

CB : J’enchaîne directement sur la comédie musicale Jésus que j’ai écrite avec Pascal Obispo qui commencera le 17 octobre à Paris. Elle passera à Nantes début 2018.

VLB : je ne sais pas car la tournée est encore longue, on fera sûrement un retour à Paris pour quelques dates à la fin de la tournée provinciale qui fait elle-même une trentaine de dates*.

*d’autres dates sont susceptibles d’être rajoutées.

Les Choristes
18 novembre à 20h et 19 novembre 15h
Zénith de Nantes Métropole
Boulevard du Zénith à Saint-Herblain
ospectacles.fr et 02.40.48.97.30

Propos recueillis par Alban Chainon-Crossouard

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